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Mon fils de 4 ans et demi est têtu et dominateur. 
Par exemple, il ne se lave et ne s’habille que lorsqu’il le décide, ou encore il refuse de montrer qu’il connaît les couleurs. Nous sommes inquiets. Quelle attitude adopter ?
La réponse de Claude Halmos Psychanalyste
La façon dont vous posez votre question, Michelle, est intéressante. Car elle revient, me semble-t-il, à me demander quelle stratégie adopter pour venir à bout de cet enfant rebelle, pour le faire céder.
Or le problème, pour des parents, n’est pas de réussir par la force, la séduction ou la ruse à briser la volonté d’un enfant et à le faire obtempérer.
Il est de parvenir à ce qu’il ait suffisamment compris la nécessité des règles qu’on lui impose pour accepter de s’y soumettre.
Cela suppose qu’il ait admis sa place. C’est-à-dire réalisé qu’il n’est pas, à 4 ans, le chef de la maison et que ce sont les adultes qui « commandent ».
Mais cela suppose aussi qu’il soit sûr que la loi qui s’applique n’est pas celle du plus fort. Et que l’autorité parentale n’est pas un simple système d’oppression qui permettrait aux plus forts d’écraser impunément les plus faibles.
Cette compréhension est essentielle car, sans elle, l’enfant vit le pouvoir de l’adulte comme celui d’un tyran. Et – ce qui est logique – essaie à son tour de se conduire en maître du monde…
Comment éviter cette confusion ?
En lui expliquant clairement que les exigences de son père et de sa mère ne sont pas l’effet de leurs lubies et de leur bon plaisir. Qu’ils n’exigent de lui que ce que tous les parents exigent. Et qu’eux-mêmes sont, bien qu’adultes, soumis aux mêmes obligations.
A ce niveau, votre lettre pose un problème. Car il me semble, à vous lire, que vous mettez toutes vos demandes sur le même plan. Vous imposez à votre fils de se laver et de s’habiller – ce qui est normal car tout le monde, adulte ou enfant, doit le faire –, mais nommer les couleurs, en quoi serait-ce une obligation ?
Accepteriez-vous, vous, que votre mari vous demande chaque matin de réciter, pour voir si vous les savez, vos tables de multiplication ?
Réfléchissez à tout cela, Michelle. Et aussi à l’attitude de votre mari. Est-il suffisamment présent et actif dans l’éducation de son fils ?
Source : http://www.psychologies.com/Famille/Education/Autorite-Transmission/Reponses-d-expert/Quelle-reaction-avoir-face-a-un-enfant-de-4-ans-voulant-faire-la-loi
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Elever son enfant :
Schématiquement, il y a deux manières d’élever son enfant. 
La première comprend les deux opposées : tout laisser
ou ne rien laisser faire. C’est facile ! Dans ces deux cas, le
parent ne se pose pas de questions.
Dans le « tout laisser faire » que l’on appelle aussi « l’enfant-roi »,
on ne crée pas de contrariétés. On répond aux désirs et non
aux besoins de l’enfant. Sans limites bien définies, l’enfant
se cogne la tête contre les murs. Ce type éducatif est déstructurant
pour l’enfant. Il se sent en insécurité. Il n’est pas capable de définir
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La politesse ne vient pas naturellement aux enfants.
Jusqu’à 6 ans, 7 ans, 8 ans, beaucoup rechignent à dire « bonjour », « merci », « s’il te plaît ».
Alors existe-t-il un remède pour leur apprendre les bonnes manières sans briser leur authenticité et leur spontanéité ?
Il ne dit pas bonjour: pourquoi ?
Plusieurs raisons peuvent expliquer son refus :
- Sachez d’abord que les règles de politesses ne sont pas innées.
Il s’agit d’un code social que l’enfant met du temps à acquérir. D’autant que derrière le « bonjour » obligé, il y a rarement l’envie réelle de souhaiter à l’autre, une bonne journée pleine de bonheur. « Ce genre de mécanisme conventionnel n’est généralement pas compris des enfants ; ils y voient même en grandissant une certaine forme d’hypocrisie », souligne Camille Morel dans L’éducation des enfants (éd. Artémis).
- Votre enfant peut aussi se retenir de dire bonjour par timidité ou par pudeur.
- Enfin, ce peut être aussi une manière de s’opposer à vous.
Comment réagir ?
- Premier conseil pour lui apprendre la politesse: montrez l’exemple.
C’est en vous adressant à lui avec respect qu’il intégrera le mieux cette notion.
Dès son plus jeune âge, pensez à lui dire bonjour au réveil, à le remercier lorsqu’il vous rend un service. « L’enfant qui, lui-même, se sent reconnu à travers la politesse qu’on lui manifeste, comprendra aisément que les autres apprécient également ce sentiment de reconnaissance », poursuit Camille Morel.
Attention : votre enfant observera aussi la manière dont vous vous adressez aux autres.
- Lorsqu’il est invité chez un ami et que vient le moment de dire au revoir, évitez de lui imposer le « dis au revoir et merci », mais proposez de le faire avec lui :
« viens, on va dire au revoir ».
- Expliquez-lui le sens de ces règles : qu’il s’agit d’un usage social qui permet aux êtres humains de bien vivre en société. Et que plus profondément, la politesse permet de montrer à l’autre que son existence est perçue, reconnue.
Vous pouvez également lui en expliquer le sens à l’occasion d’une situation précise : « Martin a reçu de sa marraine un cadeau pour son anniversaire qui lui a fait très plaisir. Je lui ai expliqué qu’elle serait très contente de savoir que ce cadeau lui avait fait plaisir et que le « merci » servait à cela. S’il ne la remerciait pas, elle ne pourrait pas le savoir », raconte Marie, maman de Martin (6 ans).
- Enfin, respectez sa manière de dire bonjour. « Bien souvent, les enfants entrent au contact de l’autre d’une manière plus créative que celle imposée par la société: il joue, offre un dessin, montre un objet qu’il aime… », observe la psychologue Christine Brunet dans Petits tracas et gros soucis de 1 à 7 ans (éd. Albin Michel).
A éviter…
- Ne le harcelez pas et n’entrez pas dans un rapport de force : vous risquez de le bloquer et de l’inciter à répondre par l’agressivité.
- Ne le culpabilisez pas avec des « c’est pas gentil de ne pas dire bonjour ! ».
L’enfant n’est pas dans cette logique là.
- Enfin, montrez vous compréhensif et bienveillant et faites preuve de patience.
La politesse est un long apprentissage…
En savoir plus…
- Lili est malpolie, Dominique Saint Mars et Serge Bloch, éd. Calligram (livre pour enfant)
Source : http://www.psychonet.fr/2001/05/14/1218-mon-enfant-ne-dit-jamais-bonjour
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On lui reproche de vulgariser la psychanalyse, on l’a traitée
de folle quand elle considérait le nourrisson comme un être
de langage…
Françoise Dolto, qui aurait eu 100 ans en 2008, reste d’une modernité exemplaire. Un colloque à l’Unesco rend
hommage à cette pionnière, poil à gratter pour des générations de psys.La preuve par dix.
Françoise Dolto n‘était pas celle que l’on croyait. Derrière son allure de grand-mère en tailleur et chemisier lavallière s‘ébrouait une vraie intello subversive. A 8 ans déjà, elle s’opposait au carcan maternel, en imposant son choix pour des études de médecine… « Il est curieux de voir que l’on fait aujourd’hui de Françoise Dolto… un vrai catalogue de recettes ! » s’insurge sa fille Catherine Dolto alors qu’elle-même formulait l’idée que toute norme éducative était une hérésie. Dolto est restée boudée par l’Université, malgré des textes exigeants et fondateurs, comme l’Image inconsciente du corps, ou Au jeu du désir.
« Elle ne faisait pas partie des coteries psys, et préférait le partage à la transmission hiérarchique de maître à élève », souligne le psychanalyste Yannick François. Mais, surtout, elle fut la première à vulgariser la psychanalyse avec le sens de la formule – ce que le milieu ne lui pardonnera pas ! Alors que se tiendra très prochainement à Paris un séminaire à l’occasion du centenaire de sa naissance, elle fait toujours polémique. Parce que ses propos sont d’une actualité folle. Couple, cellule familiale, communication, solitude, nature, culture… il faut la réécouter dans le texte. Et débattre.
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D’après la psychologue Etty Buzyn (1), les parents fuient
les conflits avec leurs enfants. Et pourtant, ils sont inévitables…
Comment ont évolué les liens parents-enfants ?
Aujourd’hui, les enfants mènent leurs parents par le bout du nez… Les mamans ne souhaitent être que des bonnes fées, et les pères ont perdu de leur « rugosité ». Aujourd’hui, l’amour des parents est trop fusionnel…
Cet amour-là ne les rend pas heureux ?
Non. Les enfants ont besoin d’une force à laquelle s’opposer pour se construire.
Nous ne nous posons plus comme responsables face à eux, et nous leur
infligeons aussi un univers consumériste privé d’idéaux… Bref, nous leur
volons leur enfance.
Les enfants n’auraient plus confiance en nous ?
Leur confiance s’est érodée. Le désintérêt de certains enfants face à l‘école et à la transmission de la culture s’explique par cette défiance. Il faut réinventer une distance entre parents et enfants. C’est ainsi qu’on les encourage à grandir.
(1) Auteur, avec la collaboration d’Isabelle Bauer, de Je t’aime, donc je ne céderai pas!,
éd. Albin Michel.
Source : http://madame.lefigaro.fr/societe/%E2%80%9Caimer-ses-enfants-cest-resister-a-leurs-caprices
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Claude Halmos, l’interview, auteur de 
« L’autorité expliquée aux parents »
Parent-Solo : Vous êtes psychanalyste, spécialiste de l’enfance, collaboratrice de Psychologies Magazine et chroniqueuse sur France Info. Dans votre livre » L’autorité expliquée aux parents » (Editions NIL), Hélène Mathieu, directrice de la rédaction de Psychologies Magazine vous interroge, comme une longue interview. Cette forme d’écriture vous permettait de mieux faire passer votre » combat » ?
Oui, parce qu’Hélène Mathieu m’interview en tant que journaliste mais aussi en tant que mère de famille. Elle représente donc le point de vue des parents en posant les questions que les parents me poseraient et me posent dans mon cabinet. Les gens auraient pu reculer devant un exposé trop théorique, pesant. Là, la théorie y est et le propos devient vivant grâce au dialogue.
P.S. : Votre livre a précèdé, de quelques semaines, la sortie du livre
d’Aldo Naouri « Eduquer ses enfants : l’urgence d’aujourd’hui ».
Deux conceptions opposées de l’éducation :
parents peuvent-ils s’y retrouver ?
Il est extrêmement important que les parents s’y retrouvent. Depuis 15 ans que je travaille dans les médias, j’ai toujours refusé de donner des conseils car je considère que c’est plutôt destructeur. J’essaye toujours d’expliquer aux parents, dans le langage le plus clair possible, des choses qui sont très complexes, qui se passent dans la tête des enfants, des parents, et entre les enfants et les parents. Je pense donc que les parents ont les moyens de comprendre qu’il s’agit d’une autorité différente d’Aldo Naouri. Aldo Naouri revient à l’autoritarisme contre lequel ma génération – et j’en suis fière – s’est battue en 1968. Il revient à une vision de l’enfant considéré comme un être inférieur à l’adulte qui a le droit d’user et d’abuser de son pouvoir sur cet enfant. Aldo Naouri conseille d’arracher les biberons et les tétines à 2 ans sans explication. On crée ainsi un traumatisme, car c’est évident qu’on doit les arrêter, que cela crée un temps de frustration pour l’enfant, mais c’est pour que l’enfant découvre, aidé par sa mère, qu’il y a d’autres plaisirs quand on mange à la cuillère. La frustration n’est que momentanée et c’est l’ouverture à d’autres plaisirs. Surtout, on explique à l’enfant, on ne le soumet pas à cette violence. L’enfant ne peut pas se défendre. En lui ouvrant la porte de l’avenir, on lui permet une promotion qui le soutient dans cette perte de plaisir.
C’est pareil pour les règles. Il y a aujourd’hui une autorité à repenser qui n’est pas l’autorité d’avant 68, mais qui est une autorité post Dolto, c’est-à-dire une autorité qui s’adresse à un enfant considéré comme une personne à part entière, respectable. Mais cet enfant doit apprendre à se soumettre aux règles comme chacun d’entre nous, ce qui est indispensable dans une société civilisée. On respecte les autres, les biens des autres, on peut tout dire mais pas tout faire, on doit travailler pour réussir, la sexualité a ses règles, elle se pratique entre gens consentants, elle est interdite entre gens de la même famille, entre adultes et enfants, etc. Au départ, ce n’est pas naturel, pour l’enfant, qui est dans le pulsionnel, de se soumettre à cela. Il est dans le principe du plaisir, dans un sentiment de toute puissance, il est le roi du monde : comme ce n’est pas compatible avec une vie civilisée, il faut lui apprendre les règles et le pourquoi des règles. Après, on lui impose de les respecter, ce qui signifie que s’il transgresse, on explique une, voire deux fois, puis on sanctionne.
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Pourquoi une loi contre la fessée ?
Pourquoi j’ai déposé une proposition de loi pour abolir les châtiments corporels et notamment la fessée :
Députée à l’Assemblée Nationale, je suis surtout une pédiatre qui tient à vouer mon mandat à la protection
des enfants.
Nous avons fêté en novembre les 20 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Le Conseil de l’Europe demande à la France d’inscrire dans sa loi l’abolition des châtiments corporels, comme l’ont fait la Suède, l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne… 18 pays européens.
J’ai donc déposé ma proposition de loi, et le débat s’est ouvert avec passion.
Voici les principaux arguments auxquels il faut répondre :
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Si la psychanalyste Françoise Dolto a beaucoup fait avancer les choses à une époque (entre les années 50 et 60) où l’enfant était quelque peu inhibé à cause de certains diktats sociétaux, il n’en n’est plus de même aujourd’hui.
Bien au contraire, l’enfant semble chercher des limites éducatives pour calmer ses angoisses inconscientes.
Les dangers découlant d’un manque de frustration sont aussi importants que les dangers dus à l’inhibition. En matière d’éducation, tout est donc question d’équilibre. Les demandes nombreuses de coaching parental sont là pour témoigner
que « l’enfant roi » est un enfant qui met toute la structure familiale en danger en même temps que lui-même.
