Comment aider l’enfant qui fait une crise ?

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Comment aider l'enfant qui fait une crise ?

Elle envoie un signal d’alerte qui déclenche une cascade de réactions dans son corps : accélération du rythme cardiaque, libération de cortisol et d’adrénaline, difficulté à raisonner. Dans ces moments-là, son cortex préfrontal — la partie du cerveau située derrière le front, qui permet de planifier, d’inhiber les comportements impulsifs et de prendre du recul — est mis hors service par l’orage émotionnel.

C’est pour cela que demander à un enfant en crise de “se calmer tout seul” ne peut pas fonctionner. Il n’a pas encore les circuits cérébraux suffisamment développés pour réguler seul ses émotions. Ces circuits se construisent progressivement tout au long de l’enfance et même de l’adolescence, grâce à l’accompagnement bienveillant des adultes.

Quand vous restez présent, quand vous le regardez avec tendresse, quand vous parlez doucement ou le touchez de manière sécurisante, vous apaisez son système nerveux. Votre calme agit comme un signal de sécurité. Cette expérience relationnelle favorise la sécrétion d’ocytocine, une hormone qui contrebalance le cortisol et qui renforce les liens d’attachement. L’hippocampe, qui joue un rôle de médiateur entre l’amygdale et le cortex préfrontal, enregistre ces expériences de co-régulation et contribue à la construction de souvenirs de sécurité.

Répétées au fil du temps, ces expériences permettent la plasticité cérébrale : de nouvelles synapses se créent, des connexions s’épaississent entre l’amygdale et le cortex préfrontal. C’est ce qui donnera à votre enfant, plus tard, la capacité d’inhiber une réaction impulsive, de mettre des mots sur ce qu’il ressent et de retrouver seul son calme.

Vous n’apaisez donc pas seulement la crise du moment. Vous construisez littéralement, dans son cerveau, les circuits de la régulation émotionnelle dont il aura besoin toute sa vie.

Et si vous sentez que, parfois, vous perdez patience ou que rester calme est difficile, ce n’est pas un signe de faiblesse. C’est souvent le reflet de votre propre histoire. Peut-être que, dans votre enfance, vos proches n’ont pas pu être ce régulateur externe. Votre système nerveux a donc manqué d’entraînement à cette co-régulation. Mais la bonne nouvelle, c’est que le cerveau reste plastique tout au long de la vie. Chaque fois que vous accompagnez votre enfant, vous musclez aussi vos propres circuits de régulation.

C’est un double cadeau : vous aidez votre enfant à grandir avec un cerveau plus apaisé, et vous réparez en même temps vos propres fondations intérieures.

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